La présidente de la Commission européenne a prononcé son discours sur l’Etat de l’Union.

1.30 minute pour le social…
Ursula Von Der Leyen est intervenue pendant 75 minutes au Parlement européen sur l’état de l’Union et, le moins que l’on puisse dire, c’est que la présidente est très forte sur les constats:

  • Une Europe en feu (plus de 35.000 ùmorts cet été);
  • Des divisions importantes entre les 27 Etats membres de l’Union européenne;
  • Des guerres aux frontières de l’Europe et au-delà avec, pour conséquence, la flambée des prix de l’énergie avec des factures impayables pour les citoyens;
  • la montée de l’extrême droite qui menace nos démocraties.

Par contre, la présidente de la Commisison n’a proposé aucune mesure concrète et durable et n’est intervenue qu’une minute trente (!) sur les questions sociales alors qu’elles relèvent des véritables préoccupations de nos concitoyens : la question du coût de la vie, du logement, de l’emploi de qualité, de l’accès aux soins de santé,…

Les transitions Climat et IA
Elle a évoqué certains des grands sujets de cette rentrée parlementaire dont (entre autres) deux « points de bascule » : le climat et l’IA, sans évoquer pour autant un nécessaire changement de paradigme:

  • en évoquant, pour le climat un futur « Cadre pour la résilience » d’où l’atténuation (réduction des émissions) est absente au profit de l’adaptation ;
  • en reconnaissant un nécessaire ralentissement de la course à l’IA tout en plaidant pour « rester dans la course ».

Les incohérences de la Commission…
Il y a par ailleurs un gros souci de cohérence entre la parole et les actes de la Commission européenne, que cela concerne le manque de respect de nos valeurs européennes et de notre démocratie d’abord ; la soi-disant volonté de rendre l’Europe économiquement indépendante avec des entreprises et des productions « Made in Europe » ensuite ; enfin, en sapant purement et simplement le pilier européen des droits sociaux à travers un projet de budget européen qui met à mal les ambitions sociales de l’Europe.

Incohérence sur le front de nos valeurs européennes et de nos démocraties d’abord.
En effet, le groupe PPE, auquel appartient la présidente de la Commission, poursuit sa politique d’alliance avec l’extrême droite au Parlement européen, et l’on est en droit de se demander comment va évoluer cette collaboration à l’aune de la montée croissante de l’extrême droite, dont l’AFd lors des dernières élections régionales allemande en Saxe Anhault.

Incohérence sur la volonté affichée d’une autonomie économique de l’Europe ensuite.
Si la présidente Von Der Leyen met à nouveau l’accent sur le destin européen et sur son autonomie, il semble (par exemple) compliqué pour les rapporteurs principaux de l’Industrial Accelerator Act d’obtenir le soutien de la Commission pour limiter la liste des pays autres qu’Européen qui pourraient bénéficier d’un statut équivalent à « Made in Europe » dans les dispositifs de soutien public et les marchés publics.

Enfin, incohérence sur le social…
..que la Commission dit défendre bec et ongles alors qu’elle est surtout occupée à déréglementer nos standards sociaux et environnementaux (y compris dans le Green deal) sous prétexte de simplification et de compétitivité. Ainsi, pour la première fois depuis le Traité de Rome (dont c’est en effet le 70ème anniversaire l’an prochain, comme souligné par la présidente de la Commission…), le projet de futur budget européen ne dispose plus d’une ligne budgétaire spécifique pour le Fonds social européen. Le Fonds social européen sert pourtant, via les régions, à mener les politiques sociales qui répondent aux réels besoins des citoyens en matière d’emploi, d’éducation, de formation, ou encore de lutte contre la pauvreté. Et l’on attend avec impartience l’anniversaire des dix ans du Pilier européen des droits sociaux : avec quelles avancées concrètes ?

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