Le Parlement européen veut un Plan d’urgence pour le personnel de santé

Après de nombreuses réunions de négociation, les Commissions conjointes Emploi et Santé ont voté ce jour le Rapport d’initiative pour un « Plan d’urgence de l’Union européenne concernant le personnel de santé : viabilité des systèmes de santé, emploi et conditions de travail dans le secteur de la santé ».

Si le travail a commencé avec un très mauvais texte étant donné la décision de la Commission Santé de confier ce Rapport à un membre de Fratelli d’Italia, le travail assidu de mon groupe socialiste, avec le soutien des progressistes du Parlement, a pu faire évoluer positivement le texte qui exige, entre autres, d’augmenter les effectifs du personnel de santé d’au moins un million de professionnels entre 2028 et 2034 .

Le Rapport appelle la Commission européenne à

  • élaborer une véritable stratégie européenne afin d’augmenter les effectifs du personnel de santé d’au moins un million de professionnels entre 2028 et 2034 ;
  • étudier la possibilité d’exclure les dépenses de santé des mesures d’austérité ;
  • augmenter l’allocation des fonds européens spécifiques (EU4Health, Horizon Europe, Fonds structurels et d’investissement européens, Erasmus+, Europe numérique, etc.) dans le futur budget européen 2028-2034 ;
  • soutenir l’utilisation stratégique du FSE+ et des instruments de la politique de cohésion pour aider les États membres à mettre en œuvre des stratégies durables en matière de main-d’œuvre dans le secteur de la santé ;
  • garantir le respect de la directive européenne sur le temps de travail ;
  • renforcer le cadre législatif de l’Union européenne sur les risques psychosociaux et les maladies professionnelles, notamment dans le cadre de la loi sur les emplois de qualité ;
  • consulter les partenaires sociaux et les organisations professionnelles de l’Union européenne.

Dans ce contexte, les Etats membres sont, eux, appelés à…

  • adopter des stratégies et allouer davantage de financements publics pour faire face aux pénuries de personnel dans les secteurs de la santé ;
  • garantir la sécurité d’emploi et prévoir des conditions de travail équitables ;
  • prévoir une rémunération juste et des salaires minimums décents, conformément à la directive sur les salaires minimums adéquats ;
  • respecter des normes d’encadrement strictes (qui s’inscriraient dans un cadre contraignant), en prévoyant des contrôles de la charge de travail et des ratios adaptés médecins/patients et infirmiers/patients ;
  • garantir l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée (horaires de travail équitables, temps partiel volontaire, contrôle des horaires de travail) ;
  • prendre en compte la dimension genrée du métier (lutte contre les inégalités entre les sexes, les obstacles à la carrière, la violence sur le lieu de travail ; pour un salaire égal pour un travail égal).

Le texte doit être voté très prochainement en plénière à Strasbourg (a priori en juillet).

Pour rappel, la Belgique fait face à une pénurie structurelle de son personnel de santé, elle s’inscrit dans un manque alarmant de 950 000 professionnels de la santé (médecins, infirmiers, sages-femmes, dentistes, pharmaciens) à l’échelle de l’Union européenne d’ici 2030.

VOUS INSCRIRE POUR RECEVOIR MA NEWSLETTER

Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Retour en haut