Mon groupe politique S&D a accueilli au Parlement européen le forum syndical de la Confédération syndicale européenne, l’occasion de donner la parole aux travailleurs et représentants syndicaux venus de plusieurs pays européens pour témoigner des dures réalités auxquelles ils sont confrontés.
J’en retiens trois témoignages, en provenance d’Italie, d’Espagne et de Suède.
Trois histoires, mais un même combat contre la répression ou le contournement de l’action syndicale.
Derrière l’action syndicale, des visages et des noms…
Jairo Gonzalo Rivero a travaillé chez Ryanair pendant 13 ans. Il dénonce une stratégie systématique d’intimidation, de mutations (perte de poste à responsabilité et de salaire) ou de licenciements pour empêcher l’action syndicale.
Peter Lydell, représentant du syndicat IF Metall chez Tesla, en Suède, nous a expliqué la difficulté de mener une mobilisation syndicale face à l’entreprise d’Elon Musk. L’action chez Tesla engagée en 2023, s’est inscrite dans la durée. Dès les premières mobilisations, les grévistes ont fait face à des menaces de licenciement. Tesla a également fait appel à des travailleurs étrangers afin de pallier les absences liées à la grève alors que lorsque 87% du personnel était mobilisé. Malgré les compromis trouvés entre les représentants de l’entreprise et les syndicats, Elon Musk a systématiquement refusé les accords envisagés. En 2026, Tesla aurait ainsi consacré 17 millions de couronnes suédoises à sa stratégie visant à empêcher la réintégration des travailleurs grévistes dans l’entreprise. Après plusieurs années de mobilisation, la grève a pris fin (août 2026) et, si le syndicat n’est pas parvenu à obtenir une convention collective de travail, la grève a finalement débouché sur des avancées en matière de salaires et de conditions de travail.
Irene Pata, membre de la UIL, nous alerte sur les « syndicats jaunes », qui agissent à côté des syndicats reconnus pour négocier des conventions collectives moins favorables aux travailleurs (salaires, protection,…) que celles négociées par les organisations syndicales traditionnelles. Lorsque ces syndicats acceptent des conditions moins favorables aux travailleurs, c’est l’ensemble des travailleurs et de l’économie italienne qui est fragilisée.
Une Europe qui défend ses travailleurs
Les droits syndicaux ne peuvent jamais être considérés comme acquis.
Je continuerai à me mobiliser pour des conventions collectives fortes et une protection accrue des travailleuses et des travailleurs, a fortiori face aux multinationales qui souhaitent importer leurs modèles sur le territoire européen tout en refusant le dialogue social.
Enfin, le Parlement européen doit continuer à suivre de très près la mise en œuvre des directives récemment révisées sur les comités d’entreprise européens et sur le salaire minimum. Nous devons rester à l’écoute des syndicats, entendre les difficultés qu’ils rencontrent sur le terrain et poursuivre le combat pour renforcer les droits et les conditions de travail des travailleurs européens.
