Santé mentale au travail: rencontre du Réseau Nomade et de la plateforme bruxelloise pour la santé mentale

Comme je le fais depuis que je suis arrivée au Parlement européen, je vais à la rencontre de acteurs de terrain pour confronter les travaux en cours au Parlement avec les réalités vécues au quotidien.

Merci au Réseau Nomade et à la Plateforme bruxelloise pour la santé mentale pour la coordination de la rencontre et merci aux acteurs de la santé mentale au travail et ainsi qu’aux représentants du secteur associatif de la santé mentale pour leur présence et leur témoignage sur la question des risques psychosociaux au travail ; les risques psychosociaux (burn-out, stress, dépressions,…) qui sont l’objet du Rapport d’initiative législative que j’ai déposé au Parlement européen pour exiger de la Commission européenne une directive contraignante en la matière.

Nous nous sommes assez vite accordés sur :

  • L’existence d’un déni généralisé de la question de la « santé mentale » au travail (on devrait d’ailleurs plutôt parler de « travail soutenable » ou de « pénibilité »);
  • L’opportunité de considérer la reconnaissance de ces enjeux comme un investissement collectif (et non comme un coût), où le partage d’expériences est un levier de transformation des pratiques.

Le tour de table a aussi fait ressortir certaines préoccupations communes, entre autres :

  • Le fait que ces problématiques continuent d’être traitées sous un angle individuel alors qu’elles sont liées à l’organisation du travail, qui doit être repensée;
  • L’attention à porter aux conditions concrètes de travail (pénibilité des métiers, vulnérabilité accrue des jeunes au travailleurs,…) ;
  • La question de la responsabilisation (manque de contrôle, faiblesse des inspections du travail,…) ;
  • Les difficultés vécues sur le terrain aux niveau des associations (surcharge administrative, précarité des financements,…) .

Les échanges ont également fait émerger des pistes concrètes pour transformer les conditions de travail, notamment à travers une responsabilisation accrue des organisations, l’importance de l’entraide, de la participation et de la co-construction pour contribuer à des environnements de travail soutenables. Il a aussi été question du renforcement de dispositifs contraignants à l’échelle européenne (cfr, entre autres, mon Rapport en vue d’une Directive européenne).

J’ai aussi pour ma part souhaité rappeler le coût humain et financier considérable des troubles liés au travail, principalement supportés par les travailleurs et les systèmes de santé.

Pour rappel, les problèmes de santé mentale affectent près de la moitié des travailleurs en Europe, entraînant un coût économique et social estimé à plus de 4 % du PIB (OCDE).

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