Mon groupe S&D a organisé un grand débat sur la question de la santé à travers toutes les politiques de l’Union.
L’occasion d’entendre, entre autres, les témoignages de de Lung cancer Europe, de l’Inserm, de Mental Health Europe, de EPSU
Je suis pour ma part intervenue sur les problèmes de santé mentale et de risques psychosociaux, aggravés suite au COVID et aux différentes crises auxquelles les citoyens belges et européens doivent faire face, avec l’anxiété qu’elles entraînent.Les problèmes de santé mentales explosent dans un contexte d’intensification, de pression au travail, de sous-traitance, ou encore de perte de sens.
Les problèmes de santé mentale affectent un citoyen sur six et près de la moitié des travailleurs en Europe, entraînant un coût économique et social estimé à plus de 4 % du PIB.
En matière de risques psychosociaux, la prévention est essentielle, de même que le dialogue social sur les conditions de travail et son organisation; mais tous les travailleurs ne sont pas égaux : la pénibilité de l’emploi des femmes est encore trop souvent perçue comme moins grave et invisibilisée.
Pour toutes ces raisons, il est indispensable que la Commission européenne propose une nouvelle directive sur les risques psychosociaux et la santé et le bien-être au travail afin de lutter contre le stress, l’épuisement professionnel, le harcèlement et d’autres risques liés à la santé mentale sur le lieu de travail.
Une directive européenne dédiée aux risques psychosociaux permettrait de répondre à plusieurs enjeux majeurs :
- Harmoniser les obligations des employeurs : aujourd’hui, seuls quelques pays exigent une évaluation systématique des RPS. Une directive établirait une obligation commune de repérage, prévention, et évaluation régulière, fondée sur des critères clairs;
- Donner un cadre normatif à des phénomènes encore flous : Le flou terminologique autour des RPS (stress, mal-être, souffrance, burnout, harcèlement, etc.) complique leur reconnaissance et leur traitement. Une directive offrirait une définition juridique précise, en ligne avec les normes de l’OIT (convention 190);
- Protéger les publics les plus vulnérables : Les femmes, les jeunes, les travailleurs précaires, les personnes racisées ou LGBTQ+ sont davantage exposés et moins protégés. Une directive intégrant une approche intersectionnelle garantirait une meilleure équité;
- Favoriser la prévention et l’innovation sociale : En imposant des plans d’action en entreprise, des dispositifs de soutien psychologique, la formation des encadrants et le droit à la déconnexion, la directive encouragerait des environnements de travail plus sains et résilients;
- Renforcer le rôle des partenaires sociaux et des inspections du travail : Un cadre européen offrirait une base commune de négociation, et permettrait d’outiller les services d’inspection avec des référentiels partagés pour contrôler et sanctionner efficacement.
Nous avons, par ailleurs, évoqué:
- La nécessaire révision de la règlementation Reach, qui doit répondre aux problématiques des perturbateurs endoctriniens (qui interviennent ea dans la reproduction) ou encore des Pfas, qui ne se décomposent pas et qui sont partout parce qu’il n’y a pas de réglementation…L’inaction coûte et coûtera plus cher que les mesures qui pourraient être prises;
- La lutte contre les maladies, dont le cancer, avec un Plan européen de lutte contre le cancer à la hauteur des lobbies et intérêts commerciaux (profits faramineux);
- L’importance de miser sur la prévention, ea avec une approche globale (exposome) qui prenne en compte tous les facteurs d’exposition de la naissance à la mort: parce que seules les sociétés en bonne santé sont compétitives;
- Le problème que représente la suspension des financements européens pour le EU for Health pour des raisons de choix politiques (et pas des raisons financières, parce que montants marginaux!);
- L’obligation de prise en compte de la problématique de la santé à travers toutes les politiques dans le cadre du prochain Cadre financier pluriannuel (2028-2034) et du Semestre européen.
Pour rappel, la dépression coûte 100 milliards chaque année et, selon Eurofound, la cause principale de décès chez les 15-29 ans est le suicide, qui est en augmentation.
Position in extenso de mon groupe S&D: https://www.socialistsanddemocrats.eu/fr/position-papers/prise-de-position-sd-la-sante-une-priorite-dans-toutes-les-politiques
